J’ai épousé une vegane – Fausto Brizzi

Dès que j’ai aperçu la couverture, je me suis dit que c’était un livre fait pour moi. Et j’ai eu raison de le lire. Avec humour, Fausto Brizzi (réalisateur, scénariste, producteur & auteur italien, rien que ça) raconte son expérience du véganisme qui a débuté grâce (ou à cause de…) à sa femme.

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Leur premier rendez-vous se passe au restaurant qu’il avait choisi avec soin mais tout ne se déroule pas comme prévu. Un restaurant de charcuterie, de bons fromages ne convient pas à une végane. Il ne savait pas que Claudia faisait partie de cette “secte”. En discutant avec elle, il prend connaissance de ce que cela signifie au quotidien.

“ Végan, ça veut dire végan. Un point c’est tout ”.

Elle nous parait rigide, peu ouverte. C’est dommage de renvoyer cette image des personnes véganes, elles sont parfois plus tolérantes. La caricature peut jouer sur les traits de caractères décrits, être amplifiés. À relativiser donc même si on comprend le point de vue de Claudia qui est d’affirmer sa position contre la souffrance animale et de ne pas tolérer d’exception. Ce n’est pas facile pour Fausto qui se retrouve dans une position délicate, son alimentation comprend toutes les saveurs de l’Italie qui ne sont  malheureusement pas végétaliennes. Il se sent juger mais essaye de comprendre, lutte face à cette femme à qui il souhaiterait plaire. Les références citées sont à la fois vraies et paraissent un peu clichées. La crème Kousmine, l’enquête Campbell (intéressante), ces deux exemples sont connus des personnes qui ont fait une transition vers le végétarisme ou végétalisme. Il est bien de les introduire mais la crème Kousmine n’est pas mangée par une majorité de personne. Cela indique la position de Claudia par rapport à ses recherches en nutrition. Elle veut atteindre un équilibre alimentaire parfait, peut être un peu trop.

“ J’avais été enchaîné et traîné devant la Sainte Inquisition, qui me condamnait à être décapité pour grave péché alimentaire ”.

Fausto se documente pour la conquérir, il est prêt à se sacrifier. Il justifie cela en nous demandant d’aller voir sa photographie sur Google. C’est surprenant mais on le fait avec un sourire en coin. On comprend. Elle est belle mais mince  dû certainement à son métier de modèle et d’actrice.

Le deuxième rendez-vous se passe chez lui, il prend les choses en main. Avant de cuisiner, il fait une “purification” de son appartement. Tous les ingrédients de provenance animale sont donnés à des amis, les ustensiles ou machines de torture cachés ou jetés comme une machine à découper le jambon. Seul un pot de Nutella subsiste caché dans sa bibliothèque. Une transition ne se fait pas d’un coup, on le comprend.

“ Bref, je n’avais rien laissé au hasard ou du moins c’était ce que je croyais”.

“ Dites moi ce que vous lisez, et je vous dirai qui vous êtes ”.

Fausto rejoint ma position sur le fait d’imposer le régime végan aux autres. Ce n’est pas en obligeant les personnes à adopter votre mode de vie que l’on va les convaincre durablement. Il faut que cela vienne d’une envie, d’une conviction profonde sinon on ne tient pas sur la durée. Non pas que devenir végé* demande des  efforts insurmontables mais cela amène un changement important au niveau de nos habitudes alimentaires mais surtout, il faut savoir s’imposer auprès des autres. Le côté social est ce qui en fait fléchir un plus grand nombre. Souvent, on commence à être végé* chez soi mais lorsqu’on va au restaurant, on fait comme tout le monde. Une fois que l’on est sûr de soi, on l’applique à l’ensemble de son quotidien.

“Ce que j’ai compris des végans, (…) c’est que leurs valeurs sont justes, partageables socialement et économiquement gagnantes. C’est la façon dont ils font la propagande qui laisse à désirer. Si l’on veut inciter quelqu’un à modifier son alimentation, plutôt que de s’y prendre de manière intolérante et violente, mieux vaut l’informer petit à petit sur l’efficacité du régime végan, sur son pourquoi et son comment. Et la révolution se fera toute seule”.

Lorsque Claudia emménage chez lui, elle fait le grand ménage. On nous rappelle que les végans ne tolèrent pas la laine, le cuir, les test sur les animaux (cosmétique, produits ménagers, médicaments) etc. C’est intéressant et bienvenue pour faire comprendre la différence entre le végétalisme et le véganisme. Il y a un avant et un après Claudia pour Fausto. Sa vie est bouleversée, toutefois il reconnait des avantages au niveau santé. Il a plus d’énergie.

Comme c’est un régime plus ou moins imposé au début, lorsqu’elle est en déplacement, il lui arrive de reprendre ses vieilles habitudes. Il craque et c’est normal. On ne peut changer du jour au lendemain. Le chemin est parfois long pour certaines personnes.

Heureusement, cette expérience se finit par un heureux événement :

“C’est alors que je me suis mis à penser à un mot qui commence par “mari” et se termine par “age”. Le mot le plus dangereux de tout le dictionnaire”.

Ce livre est un bon moyen de découvrir avec humour ce mode de vie qui est de plus en plus mis en avant. Fausto Brizzi par ce livre m’a donné envie de lire ses autres romans.

Bonne lecture,

Anaïs

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