Petites reines – Jimmy Lévy

Petites reines est le premier roman lu de la rentrée littéraire à venir. Quelle pépite ! Lorsqu’il m’a été présenté, j’ai eu envie de m’en emparer sans plus attendre. Il n’a fallu qu’un trajet en train pour refermer la dernière page. Jimmy Lévy nous saisit dès les premiers mots  avec force & sensualité.

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Le roman s’ouvre avec la voix d’une jeune fille qui vit dans un autre espace-temps que l e notre. Sa tribu ancestrale a des traditions bien spéciales qui la touche plus particulièrement puisque c’est la petite reine. C’est une orpheline, ses parents ont été tués avec violence. Une lourde tache repose sur ses épaules : une fois qu’elle sera réglée, elle devra recevoir le nouveau chef de clan pour lui donner une fille. Pendant un temps, elle arrive à cacher les transformations de son corps. Il est surprenant d’entendre la réflexion qu’elle porte sur ce qui l’entoure, elle dit ce qu’elle a sous les yeux sans honte ou pudeur. Tout comme ce que son corps peut provoquer comme effets chez les autres, jalousie pour les femmes ou le désir chez les hommes. Elle est bien consciente pour son âge, mature à cause de la dureté de son quotidien : enfanter ou mourir. Mourir surtout une fois que la foudre s’abat sur vous, tout peut vite basculer. Elle est amoureuse d’un jeune homme, Nago, fils du sorcier. Ce dernier se doit de rester pur avant de prendre la place de son père. Seul le chef clanique a le droit de poser les yeux sur elle. Malgré cela, leur amour est plus fort que tout, ils risquent leur vie pour le faire exister. Elle connaîtra la jouissance avec lui. Après cela, elle traversera de nombreux pays et n’aura plus de liberté à cause de l’emprise qu’a les hommes sur elle. Elle est dépossédée de son corps. On l’achète, on vend ce qu’elle peut offrir sans son consentement. Sans famille ou pays,  seule, elle se retrouve aux USA bien loin de sa tribu avec un homme qui la rendra malheureuse.

Elle nous apporte une réflexion sur le pouvoir, la dépossession du corps, la maternité, l’amour, l’isolement ou la solitude. On est conquis par une écriture poétique, sensuelle malgré tout ce que la petite reine peut subir au fil des années.

La deuxième figure féminine, Queenie, serait presque à l’opposé de la première : vieille, arrogante et qui a un langage constitué uniquement d’insultes. Alors que la petite reine a connu de nombreux hommes, Queenie a été fidèle à un seul, Simon son mari. Sa vie n’est pour autant rose. Elle connait elle aussi la contrainte, un homme qui détient l’autorité, le pouvoir au sein du couple. De plus, la vieille femme veut oublier son passé, on ne comprend pas pourquoi au départ jusqu’au moment où elle lève le voile sur ses souvenirs. Douloureux, cachés au plus profond d’elle-même. Elle souhaite être malade pour réussir à tourner la page définitivement. Son voeu sera exaucé.

Ces deux femmes sont à la fois fortes, imposantes par leur parcours mais aussi fragilisées par la vie qu’elles ont subie. Toutefois, il y a aussi des choses qui les séparent mais qui finissent par les rapprocher, les mènent à se rencontrer pour ne former q’une image féminine qui reste dans notre mémoire de lecteur.

Petites reines est un roman qui nous questionne, qui dérange parfois pour mieux nous embarquer dans un univers propre à l’auteur grâce à une plume sensuelle et envoutante.

 

Bonne lecture,

Anaïs

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